Que devient le FC Tours ? La chute brutale d’un monument

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Que devient le FC Tours ? La Fédération Française de Football a confirmé la fin du Tours FC. Une disparition brutale pour un club centenaire.

Que devient le FC Tours ? La chute brutale d’un monument

Le Tours FC n’est plus. Mardi 25 février, la FFF a mis un point final à une lente agonie. Le comité exécutif a confirmé la disparition de l’association, déjà fragilisée par la liquidation judiciaire de la SASP. C’est une page du football français qui se tourne. Un club historique, formateur et populaire, tire sa révérence. Dans une indifférence quasi générale, malgré un palmarès respectable et un vivier de talents révélé au plus haut niveau.

Un palmarès modeste, un impact énorme

Champion de Ligue 2 en 1984, demi-finaliste de la Coupe de France deux années de suite, Tours a marqué son époque. Quatre saisons dans l’élite et une régularité notable dans les divisions inférieures ont forgé l’identité du club. Mais au-delà des titres, ce sont les noms passés par la Touraine qui marquent les esprits. Olivier Giroud, Laurent Koscielny, Morgan Sanson ou Patrick Vieira ont tous porté le maillot ciel et noir. Le club était un tremplin vers les sommets. Il devient désormais un souvenir.

Tours formait, révélait, propulsait. De nombreux clubs de Ligue 1 ont profité de son travail en coulisses. Ismaël Bennacer, Jonathan Gradit, Medhi Benatia, Rayan Raveloson ou Haris Belkebla ont tous émergé ici. La structure, bien que modeste, rayonnait par sa politique de formation. Une base solide, minée pourtant par des choix catastrophiques au sommet.

Une descente entamée depuis 2018

La saison 2017-2018 restera le début d’une longue chute. Dernier de Ligue 2, Tours est relégué en National 1. Le club ne s’en relèvera jamais. Avec l’un des plus gros budgets du championnat, il échoue à remonter immédiatement. Une 15e place en National 1 condamne l’équipe à descendre encore. En 2019, la relégation administrative en National 3 acte la gravité de la situation. Le club n’est plus compétitif, ni économiquement stable.

La crise sanitaire n’arrange rien. En 2021, Tours est rétrogradé en Régional 1. Une gifle monumentale pour une ville classée 18e aire urbaine française. La remontée est rapide, mais le ver est dans le fruit. Le Tours FC évolue entre espoir et précarité. La direction tente de rassurer, mais la réalité économique est alarmante. Les salariés s’inquiètent, les supporters observent, impuissants.

PSG-Tours Crédits : Latouffedisco

Une gestion financière désastreuse

Le déficit est abyssal : plus de 600 000 euros selon la FFF. Le trou est trop grand pour espérer un sauvetage. Salaires impayés, factures en retard, conditions d’accueil indignes : le club ne répond plus aux exigences minimales. La situation dépasse le cadre du sportif. Même les équipes de jeunes en pâtissent. Un match de Coupe de France contre Lorient est annulé en dernière minute. Faute de sécurité, faute de budget. Un coup de massue. Le club perd par forfait.

L’arrivée d’Ivan Desmet en 2024 devait tout changer. L’homme d’affaires belge promet 500 000 euros, un nouveau projet, un avenir. En réalité, ce n’est qu’un leurre de plus. L’argent ne vient pas. Les promesses s’envolent. Les dettes restent. Le projet sombre avec le bateau.

Un club abandonné par tous

Que devient le FC Tours? Antonio Teixeira, président de la Ligue Centre-Val de Loire, dénonce un abandon total. Aucun acteur n’a réagi à temps. Aucune aide concrète. « Il y avait la possibilité de finir la saison », déclare-t-il. Mais personne n’a pris la mesure de l’urgence. Résultat : 616 licenciés laissés sur le bord du chemin. Des enfants privés de passion. Des familles sans repère.

Même les anciens joueurs s’indignent. Armand Raimbault, recordman de matches avec le TFC, ne cache pas sa colère. “C’est un énorme gâchis”, résume-t-il. Tours est une ville de football, une ville orpheline aujourd’hui. Le lien entre un territoire et son club s’est rompu dans la douleur.

Une fin digne malgré le chaos

Le dernier match du Tours FC, disputé contre Chambray, restera dans les mémoires. Une victoire 10-0. Un baroud d’honneur. Le lendemain, un message poignant du club est publié. Il remercie les supporters. Il évoque un « au revoir ». Comme un espoir. Une ultime promesse.

Mais les faits sont là. Ce mercredi, la FFF officialise la radiation du club. Toutes les équipes, jeunes, seniors, masculines et féminines, sont exclues des compétitions. C’est une disparition totale. Le nom « Tours FC » s’efface des feuilles de match. Le logo disparaît des stades.

Et maintenant, quel avenir pour le football à Tours ?

La ville reste. Les joueurs restent. Les éducateurs restent. Mais l’institution s’éteint. Un projet de fusion avec Joué-les-Tours est évoqué. Rien n’est encore acté. Il faudra du temps, des moyens, et surtout des hommes compétents. Tours devra se réinventer sans renier son histoire.

La FFF, elle, observe. Les collectivités, elles, hésitent. Il faudra une impulsion locale. Des passionnés pour reconstruire. Un tissu associatif soudé. Et surtout une gestion irréprochable. Sans cela, le football tourangeau restera figé dans le passé.

Le sort du Tours FC interpelle. D’autres clubs sont-ils sur le même chemin de croix ?

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