L’essor de la multipropriété au football inquiète les supporters et bouleverse l’équilibre des championnats. Derrière les rachats de clubs, des groupes financiers dictent désormais la stratégie de nombreuses équipes françaises. Qui sont ces nouveaux maîtres du jeu et quelles conséquences pour l’identité des clubs ?

Jim Ratcliffe (OGC Nice) Crédits : Reuters
Le football français face à la multipropriété
La Ligue 1 et la Ligue 2 comptent de plus en plus de clubs détenus par des investisseurs étrangers. Cette tendance s’accélère avec l’arrivée de fonds d’investissement aux ambitions mondiales. Le football devient un marché où les clubs ne sont plus des entités indépendantes, mais des pièces d’un puzzle financier. L’objectif de ces groupes : optimiser les performances économiques, développer des talents et sécuriser des revenus via les transferts. Mais cette stratégie peut nuire à l’identité des clubs historiques et frustrer leurs supporters.
Les groupes qui contrôlent les clubs français
BlueCo – RC Strasbourg Alsace
BlueCo, le consortium propriétaire de Chelsea, a racheté Strasbourg en 2023. Le club alsacien devient une antenne du projet global, axé sur la formation et la valorisation des jeunes talents. Strasbourg risque de devenir un club satellite, où les ambitions sportives passent au second plan.
City Football Group – ES Troyes AC
Troyes appartient au City Football Group, qui contrôle également Manchester City. Ce réseau de clubs permet un échange facilité de joueurs et une gestion commune des infrastructures. Mais Troyes peine à exister en tant qu’entité indépendante.
Chien Lee et Krishen Sud – AS Nancy-Lorraine
Chien Lee et Krishen Sud possèdent plusieurs clubs en Europe, dont Nancy. Le modèle repose sur une gestion financière optimisée, parfois au détriment du sportif. Les supporters dénoncent une perte d’identité et un manque d’ambition.
Eagle Football Holdings – Olympique Lyonnais
John Textor a racheté Lyon avec l’ambition de redresser le club. Son portefeuille inclut aussi Crystal Palace et Botafogo. Le risque est que l’OL devienne une pièce secondaire dans une stratégie globale.
INEOS – OGC Nice
INEOS, dirigé par Jim Ratcliffe, possède également une part de Manchester United. Nice bénéficie de moyens financiers accrus mais reste un club secondaire dans la stratégie d’INEOS.
The Friedkin Group – AS Cannes
Déjà propriétaire de l’AS Roma, Friedkin a investi dans l’AS Cannes pour développer son influence en France.
Core Sports Capital – Clermont Foot 63
Ce fonds d’investissement gère Clermont avec une vision pragmatique. Son ambition est de stabiliser le club en Ligue 1 tout en restant rentable.
777 Partners – Red Star FC
777 Partners possède plusieurs clubs dont le Genoa et le Standard de Liège. Son rachat du Red Star a provoqué une levée de boucliers chez les supporters, inquiets pour l’identité de leur club.
RedBird Capital Partners – Toulouse FC
RedBird a intégré Toulouse à son empire qui inclut aussi l’AC Milan. Le club devient un tremplin pour la valorisation des jeunes joueurs avant de les envoyer vers des destinations plus lucratives.
Gérard Lopez – Girondins de Bordeaux
Gérard Lopez, ex-propriétaire du LOSC, a racheté Bordeaux après sa relégation. Ses méthodes financières, souvent risquées, divisent les observateurs.
Black Knight Football Entertainment – FC Lorient
Ce nouvel acteur cherche à imposer sa marque en Ligue 1 en investissant dans Lorient.
Qatar Sports Investments – PSG
QSI a fait du Paris Saint-Germain un géant européen. Mais l’identité du club a été remodelée autour de stars et d’une gestion ultra-marketing.
Groupe Amissos – USL Dunkerque
Amissos a racheté Dunkerque avec l’ambition d’accéder rapidement à l’élite.
Joseph Oughourlian – RC Lens
Lens, dirigé par Joseph Oughourlian, a su conserver son identité malgré une gestion intégrée à un projet global.
Sport Republic – Valenciennes FC
Sport Republic, propriétaire de Southampton, a racheté Valenciennes pour diversifier ses actifs.

Sheikh Mansour (City Group) Crédits : Dragan Tatic
Multipropriété football : un modèle contesté
Si la multipropriété football offre des avantages financiers, elle pose aussi des problèmes. Certains clubs deviennent de simples centres de formation pour des équipes plus puissantes. L’identité historique de nombreuses équipes s’efface, remplacée par une gestion purement économique. Les supporters perdent leur attachement à des clubs qui ne leur ressemblent plus.
Le football français doit-il encadrer plus strictement ces pratiques pour protéger l’âme de ses clubs ?
Voir aussi notre article sur : La Multipropriété de Clubs : Comprendre la Loi de l’UEFA